Venetia in Tenebris
Au Nom du Père, au Nom du Fils, au Nom du Vice : l'Eternel ne saurait pardonner leurs crimes.
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 La Tour des LamentationsVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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Rosiel
Maître du Jeu / Ange


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MessageSujet: La Tour des Lamentations   Ven 28 Mar - 23:43

Une profonde solitude, depuis des siècles et des siècles dans cet univers par trop clos, par trop glacé dans lequel je ne suis qu'une poussière... Je vis entouré de pierres, de pierres inorganiques comme je le suis, froides et marmoréennes à tout jamais. Tout mon univers est désormais figé, glacé, une splendeur lointaine - celle des froides idoles de marbre adorées dans les anciens temples, ces mille statues sans âme et sans lumière qui toisent le monde sans aménité. Des dieux malades régnant sur une humanité sans coeur, indéfiniment. Le statut divin doit-il nécessairement détruire l'esprit et réduire celui qui le possède à un néant absolu ? J'ai vu jadis la décadence de Dieu, sa déchéance à l'état de rien et d'être faible, débile, qui ne méritait pas même le titre de fantôme. Lui qui autrefois resplendissait de sa grandeur innée n'était plus qu'une ombre, un être vague et lointain duquel on ne pouvait tirer nulle parole. Face à ces pierres je me sens comme face à lui, immergé dans un bain glacial et silencieux où rien n'a plus de saveur. Enfermé dans une bulle éternelle... Une bulle algide qui me rend fou. Chaque heure qui passe me réduit à une plus grande impuissance et j'enrage de voir peu à peu ma déliquescence : moi qui étais l'ange le plus brillant du paradis, le préféré de Dieu, l'incarnation même de la grandeur, j'en suis aujourd'hui réduit à ramper comme si mes pieds ne me soutenaient plus. J'ai terriblement honte de ce que je suis devenu. Mais cette Tour... cette Tour affreuse draine toute mon énergie au fil des jours et je sens mes forces s'amenuiser, il me faut de longues phases de sommeil pour pouvoir espérer rester éveillé quelques heures. Mais est-ce un mal au fond ? Je ne vois plus le temps passer et je n'ai pas le loisir de me lamenter sur mon sort désespérant. Lorsque je dors, plus rien n'existe si ce n'est mes rêves - mes rêves qu'ils ne me voleront jamais, même avec la meilleure volonté du monde. Mes rêves qui se nourrissent de leur sang et de leurs peurs, mes rêves qui m'offrent mille vengeances délicieuses...

Je n'ai pas entendu de voix amicale depuis si longtemps que je me demande quel en est le son ; je n'arrive pas même à parler, ma voix est enrouée et refuse de sortir. Et puis, à quoi bon ? Je ne veux pas être réduit à me parler seul, à devenir plus fou que je ne le suis déjà, à perdre les derniers relents de raison qui me restent. Peut-être le silence m'est-il profitable, du moins si j'en juge par l'horreur qui me submerge à chaque fois que j'entends ces voix inconnues qui résonnent au loin, ces voix qui me sont indifférentes et pourtant qui me glacent indiciblement... J'ai envie de mourir, envie de tout arrêter maintenant. Si seulement l'immortalité ne m'avait jamais été offerte, comme je serais heureux à présent - j'aurais rejoint les âmes des amoureux malheureux en Enfer, j'aurais partagé avec d'autres la souffrance que ressent mon coeur, triste ironie d'un sort doux-amer. Mais là encore ce ne sont que des chimères, des utopies vaines... Dans mes rêves encore je ne suis pas seul, je suis avec elle et je vis le plus doux des bonheurs. Plus dur que jamais est alors le retour dans mon effroyable réalité... Mais en quoi ma prison serait-elle plus réelle que ces moments passés avec elle, à rire sur n'importe quel sujet et à discuter paisiblement pendant des heures ? Je nous vois dans un salon élégant, avec des fenêtres ouvertes sur un jardin magnifique. Une fontaine qui déverse son eau limpide, des parterres immenses et magnifiques, mille plantes exotiques dont je ne sais pas le nom... Et à l'intérieur, du marbre blanc et de la mousseline d'ivoire qui masque nos sourires. En quoi je vous prie ma Tour glacée est-elle plus réelle que ce salon délicieux ? Je vous le demande ! Je préfère croire à ce que je veux et non à ce que la raison désirerait, car chacun sait que dans l'amour il n'est aucune raison et d'ailleurs la raison n'est qu'une notion hygiénique inventée par des fous qui voulaient se préserver de leur propre stupidité.

Charmante obsession, ma Samaël, délicate affection que celle que je te porte ! Et pourtant interdite : mais pourquoi ? Je ne comprends guère l'utilité de ces sentiments que Dieu nous a donnés si nous ne devons les éprouver... Pour la race humaine ? Aimer ces humains grouillants, stupides, couverts des puces de leur bêtise ? Me rabaisser à cela ? Non, certes non, et Dieu me semble bien trop tolérant ; à sa place j'aurais déjà détruit ces immondes parasites qui désagrègent la face d'une Création terriblement belle. L'Univers était splendide jusqu'à l'arrivée de ces êtres pseudo-intelligents qui se sont révélés plus destructeurs que créateurs ! Leur art au lieu d'être vivifiant et fécond s'est métamorphosé en machine de mort. Ne voient-ils pas la beauté de ce sur quoi ils vivent, ne peuvent-ils comprendre le cadeau qui leur a été fait ? Au lieu de le détruire ils feraient mieux de le sublimer - peut-être est-ce ce qu'ils pensent faire mais ils ont tort, ils sont dans l'erreur jusqu'au cou et cela m'horrifie. Samaël, au fond, je me demande si tu n'avais pas raison lorsque tu t'es rebellée contre Dieu... Je me demande même si les Anges ne sont pas aussi pourris que les humains, si les Démons ne le sont pas également ! Et si nous détruisions tout ? Si nous réduisions tout l'Univers à néant, si nous faisions de cette création prétendument sublime un amas de poussières et de sang ? Tout briser pour recommencer dans un monde où je pourrais t'aimer, où nous pourrions nous aimer... J'ai si peur Samaël, si peur que tu me laisses seul, que tu m'abandonnes même en pensée maintenant que tu es sortie de ta prison alors que je vis encore cloîtré dans la mienne. Dis, tu m'aimes ? Tu m'appartiendras bien un jour ? Et si je n'étais pas ton frère ? J'ai longtemps imputé à mon narcissisme l'amour que je te portais, mais non, c'est pure passion que celle que je ressens. Et Dieu sait combien elle me détruit... Parce que je ne peux même plus me dire que je suis l'être qui compte le plus à mes yeux, je ferai toujours passer ton bonheur avant le mien, tout en désirant ardemment t'avoir à moi tout entière... Je sais que pour cela il me faudra passer outre ton consentement... C'est si compliqué.

Je sens mon esprit me quitter : de nouveau je m'endors, dans ce froid glacé et cette langueur insoutenable qui m'ensorcelle. Il me semble que bientôt rien n'aura plus d'existence, que je sombrerai une fois de plus dans cet univers qui n'appartient qu'à moi et dont je suis le maître incontesté. Pourtant, cette fois, je n'en ai pas envie. Je sais, je sens que la libération est proche, que bientôt les portes s'ouvriront - et je tiens à être conscient à cet instant. Mais, au fond, d'ici là... Je puis me permettre... de rêver un peu de toi.
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Rosiel, SuperAdminAngélique (SAA) qui n'a rien, LUI, contre les minishorts
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Manuelo Di Napoli
Vertu / Fripier pour Catins


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MessageSujet: Re: La Tour des Lamentations   Lun 23 Juin - 18:02

-Et dire que je le plaignais d’être tout seul, emprisonné alors qu’il se paye un palace avec vue sur le Monde que même Dieu en personne ne pourrait pas avoir !

Manuelo regarda admiratif la longue tour qui tel un phallus grattait le ciel de son gland poli. Il fit un grand sourire béat et se pencha tant en arrière qu’il tomba sur son derrière. Il resta assit pas terre et fit un long sifflement d’admiration qui se finit par:

-Wouaaaaa !

Le Vertu ne pouvait pas croire que la prison de Rosiel puisse être si peu discrète. Ainsi immaculée elle reflétait le soleil et elle semblait alors s’illuminer de milliers de couleurs. On ne pouvait pas la râter, même si l’on était à plus d’une centaine de lieues du site et le fripier se demanda si cela était fait exprès ou que Métatron n’avait pas pensé qu’un tel manque de discrétion était ridicule puisqu’il attirerait à coup sûr les yeux. Mais alors, pourquoi Rosiel croupissait encore en haut ? Il y avait sûrement une garde affreuse et armée jusqu’aux dents ! Manuelo sentit une boule dans sa gorge et pour reprendre de l’assurance il but un long trait de vin et goba quelques graviers avec sans même s’en rendre compte.

-Heu, les gars… Z’êtes sûr de vouloir grimper ? C’est que ça m’a l’air haut quand même non ?

La fin de la phrase mourut dans sa gorge. Il était vrai quand même que Rosiel était un très bel homme et le laisser en haut d’une tour serait dommage. La Belle au Bois Dormant était restée cent ans endormie et il avait toujours été dégoûté à la pensée qu’un prince puisse s’amouracher d’un cadavre d’un siècle. Il finit donc par secouer la tête et sourire en reprenant confiance en lui. Dans un siècle, il aurait trouvé d’autres beautés mais il voulait quand même voir Rosiel de près. Puis si Asphodelle voulait aller le chercher c’est que le spectacle devait en valoir le coup…

-Non, ça va, je n’ai rien dit !

Manuelo reprit sa marche décidée quand il fut tout à coup freiné par une ombre curieuse. Une silhouette de forme humanoïde était appuyée sur un bâton. C’était à s’y méprendre un vieillard et il était bien connu qu’un vieillard devant un lieu mystérieux ne pouvait être qu’un poseur d’énigmes. Le vertu regarda l’enfant et son ami du coin de l’œil de façon hésitante.

-Qui a les pieds gonflés ? Je veux dire, qui se sent l’âme d’Œdipe devant le sphinx ? Pour ma part, je crois que j’ai trop bu !

Et le fripier but avidement au goulot le fond de vin qu’il lui restait.
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Ange ? Boarf...
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Cassandre
Trône / Gardien de la Tour des Lamentations


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MessageSujet: Re: La Tour des Lamentations   Lun 23 Juin - 18:05

Depuis l'été dernier, j'entends les cornemuses, je les entends chanter toute la journée... Lalalala... Non qu'on s'ennuie au paradis, non, on ne s'ennuie jamais, comment pourrait-on s'ennuyer, on ne peut pas s'ennuyer, ce serait ennuyeux de s'ennuyer et on passerait pour un ennuyeur en s'ennuyant, donc je ne m'ennuie pas, ou presque pas, disons plutôt en des termes moins polis que je m'emmerde royalement. Mais bon, il faut bien quelqu'un pour surveiller la tour-où-personne-ne-met-jamais-les-pieds-parce-que-l'emmerdeur-qui-y-est-emprisonné-est-très-bien-là-où-il-est, et ce quelqu'un c'est évidemment toi, mon pauvre Cassandre. Non à l'exploitation des masses angéliques, moi j'dis. Remarquez, si Cassandre n'avait pas ce job, il se plaindrait aussi de n'avoir rien à faire de ses journées. Bon, certes, il n'est pas foncièrement occupé mais le rang de "gardien de la Tour des Lamentations", ça pète, non ? Et ça fait type super-méga-occupé-de-la-mort-qui-tue-sa-maman-la-cuillère-à-couettes-roses. Après entre la théorie et la pratique il y a une grosse marge que Cassandre ne franchira à aucun prix, car malgré ses râleries il adore ne rien faire, en bon flemmard qu'il est. C'est vrai quoi, il profite du soleil, il se met les doigts de pied en éventail, il peut roupiller à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, c'est le pied ce travail.
Appuyé sur un bâton presque aussi grand que lui, s'arrêtant pile sous son menton, il regardait le vide d'un oeil vaseux - bovin presque. Cassandre était en fait l'archétype même de la vache : mâchonnant quelque chose entre ses dents, les yeux dans le vague, ne faisant rien de ses journées à part chasser les mouches. La seule différence était qu'on pouvait difficilement le traire (quoique, il pouvait bien offrir un certain type de lait, mais bref, ne choquons pas les pauvres âmes innocentes de Venise) et qu'il ne finirait pas en steak. Enfin, il fallait l'espérer. Il ne lui restait plus qu'à faire "meuh" et l'illusion serait absolument parfaite (mais c'est normal, Cassandre est parfait, c'est bien connu. Ou pas.)
Bref, il allait s'endormir sur son bâton et étouffait un baîllement lorsque trois silhouettes attirèrent son regard.
La première était une grande chose qui tenait une bouteille à la main, cheveux et yeux pâles, visage fin. En lui rajoutant des ailes dans le dos, il aurait fait l'ange parfait - ange... il devait certainement l'être, sinon il n'aurait pas mis les pieds en Atziluth. Ou alors c'était un démon et il fallait lui casser la gueule.
La deuxième était beaucoup plus petite, grands yeux verts, pas de la première propreté mais jolie comme un coeur - un peu perdue, aussi. Absolument adorable, bien qu'étant seulement une gamine.
La troisième était une grande folle en vert, à longs cheveux rouges.
Et là ça fit tilt.

- Aspho ! Manu ! Quel bon vent vous amène ? ça fait un bail dites donc, vieilles plantes, j'ai presque cru voir pousser des guenons à feuilles roses pendant tout ce temps.

Il étreignit Manuelo et Asphodelle tour à tour, le serrant à les en étouffer, et fit un baisemain des plus galants à la gamine - un peu de classe dans ce monde de brutes, voyons.
Pour Cassandre, il était parfaitement normal qu'un ami Vertu théoriquement incarné sur Terre et un démon vinssent le voir devant la Tour des Lamentations sans passer par la case "Beriah", c'est-à-dire en toute illégalité. Il était parfaitement normal qu'ils fussent accompagnés d'une enfant toute mignonne et probablement humaine - elle était d'eux deux peut-être ? - et rien ne clochait. Jusqu'à ce qu'il se mît à réfléchir un tout petit peu. Il fronça les sourcils et réfléchit un instant avant de répondre à Manuelo :

- Qui se sent les pieds gonflés ? Mais Gertrude la Morue bien sûr. Trop facile, ton énigme. Pffuit.

Il agita sa main en l'air tout en songeant à ce qu'il devait faire. Ses amis voulaient libérer Rosiel, il ne fallait pas être un génie pour le comprendre - qui a dit "heureusement" ? - et Métatron tenait à garder Rosiel enfermé. Cassandre aussi, d'ailleurs, il tenait très moyennement à voir le fauteur de troubles mettre ne fût-ce qu'un seul orteil hors de sa tour. Il lâcha son bâton et recula de quelques pas, le regard méfiant. Il ne savait pas trop quoi faire.

- Hum... que diriez-vous d'aller boire un verre pour fêter nos retrouvailles ?

La technique pouvait fonctionner, ou pas. S'ils refusaient... il serait obligé de les combattre et cela l'enchantait très moyennement...

Edit de Rosiel :
[tour de post :
Cassandre, Raphaël, Asphodelle, Manuelo]
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Raphaël
Maître des Vertus / Incarné en la Petite Vendeuse d'Allumettes


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MessageSujet: Re: La Tour des Lamentations   Mer 25 Juin - 15:00

Yumiko regarda, étonnée et fascinnée. Apparemment ils étaient bel et bien a Atziluth, le paradis, le lieu où les Anges, comme Raphaël régnaient. Elle regarda alors devant elle et demanda

Raphaël mais cet endroit est absoluement magnifique !!

Bienvenue au paradis ma chère Yumi. Mais, il faudrait que tu me laisse ton corps, car seuls les Anges sont autorisés à aller au paradis

Très bien


Yumiko ferma donc les yeux et laissa l'âme de Raphaël pénétrer son corps. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, ce fut la voix de l'Ange que l'on entendit

Ainsi donc me revoilà ici

Il regarda autour de lui et fut surpris de voir une troisième personne qui les accompagnait. En tout cas, ce qui était certain, c'est que cette personne semblait connaïtre Adphodelle et Manuelo. Soudain, le corps de Yumiko se mit à frissonner.
Raphaël la rassura donc, en lui demandant de ne pas s'inquiéter, puis regarda l'horizon. Il sentit alors l'âme de Yumiko frissonner d'excitation et d'apréhension. Il sourit. Evidemment, une jeune fille comme elle n'avait pas l'habitude d'aller au paradis tous les jours.
Alors, il fixa l'horizon et vit la sombre Tour des Lamentations. Cette fois ce fut lui qui frissonna de peur. Pourtant, il ne quitta pas la Tour des yeux et regarda ses "compagnons". Ceux ci semblaient être confiant et ils semblaient savoir ce qu'ils faisaient.
Alors, il se tourna vers Asphodelle et lui demanda

Pourquoi donc avoir choisi d'emmener cette jeune fille ? Que comptez vous faire d'elle après avoir libéré........

Mais le nom de Rosiel fut imprononçable. Il avait trop peur. Peur de la réaction de son maître le Seigneur Rosiel, qu'il avait, si lâchement abandonné. Tandis qu'il se perdait dans une peur incontrôlée, il sentit l'âme de Yumiko lui dire, gentiment, doucement

Je suis avec toi. Nous sommes deux Raphaël

Ces paroles réconfortèrent alors l'Ange. Il releva la tête et regarda la Tour avec défi, avec un objectif en tête, prendre soin de Yumiko
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Asphodelle
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MessageSujet: Re: La Tour des Lamentations   Mer 25 Juin - 22:30

Le Ciel était toujours un endroit aussi magnifique. Calme, paisible, tout du moins en apparence ; d'une blancheur immaculée reflétant les relents d'une ancienne pureté. Asphodelle ne put retenir un sourire en contemplant les merveilles qui l'entouraient, si éloignées et pourtant si proches de la Géhenne souillée et dévastée par des milliers d'anges jadis. Là où le territoire d'En-Bas était une pourriture par l'aspect, celui d'En-Haut l'était par l'âme, les Anges étaient bien tous des ordures - même Manuelo et Cassandre qu'il aimait pourtant de tout son coeur. Même Rosiel pour lequel il risquait sa vie et son âme. Les Démons aussi remarquez... et les humains également. Mais en quoi ? Que sont le Bien et le Mal pour une âme aussi simple que celle d'Asphodelle qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez ? Un éclair de dégoût profond pour tout ce qui était traversa soudain son regard, si fugitif que nul n'aurait pu le voir. Il valait mieux, on aurait presque pu croire qu'il avait acquis une certaine capacité de réflexion...
La Tour des Lamentations portait bien son nom. Elle était belle, certes, une merveille architecturale au "design" impeccable, imposante et mystérieuse perchée là-haut dans ses nuages - belle mais terriblement triste. Il se sentit un pincement au coeur en la voyant et se fit la réflexion qu'il devait vraiment manquer d'amour pour être à ce point là ému par une chose insignifiante. Ses deux compagnons avaient déjà commencé leur avancée, lui restait en arrière, la tête en l'air. Quand enfin il revint à la réalité, il bondit et glapit comme un veau qu'on égorge pour que Manuelo l'attendît (son compagnon était à deux pas devant lui.)
Il s'accrocha fermement au bras de son ami et franchit encore quelques mètres avec lui. Il aperçut au même moment que Manu la silhouette au bâton et fronça les sourcils : une statue immémoriale ? Un vilain pas beau venu les empêcher de ramener Rosiel à la liberté ? Un poisson volant ? Juste avant que l'être au bâton se dévoilât, il glissa à ses compagnons :

"Je ne compte pas grimper jusque là-haut. Je compte voler."

Il adressa un grand sourire de toutes ses dents blanches à Di Napoli et se retourna vers la silhouette confuse. Il n'eut pas le temps de l'identifier, l'être le serrait contre lui à l'en étouffer (et Asphodelle crut bien s'asphyxier ou du moins finir les côtes broyées et songea un moment à hurler "je suis trop jeune pour mourir !", sans se souvenir qu'il était immortel). Il congratula joyeusement Cassandre lorsqu'il le reconnut et lui plaqua un baiser sur chaque jour. Il était ravi de revoir son ami qui pourrait lui être d'une aide très précieuse pour libérer l'emplumé. Ah, ça, le Rosiel avait intérêt à être un bon coup, sans quoi le démon regretterait amèrement d'avoir tenté cette opération de sauvetage. Non mais, pourquoi prendre des risques pour rien ? C'est absurde, Asphodelle ne voyait pas ce qu'il aurait gagné si l'ange était ou mauvais au lit ou farouche. Farouche ! Non, pas cette idée, pitié. Ce serait trop affreux.
Il secoua la tête pour chasser cette horreur de sa tête et réfléchit (enfin, quelque chose d'approchant) à la proposition de Cassandre. Il regarda vers ses deux compagnons pour leur laisser la décision, mais Manuelo était trop ivre pour lui donner une réponse intéressante et Raphaël paraissait terrorisé par on-ne-sait-quoi. La force des choses faisait donc d'Asphodelle le chef de l'opération, ce qui rendait l'issue extrêmement incertaine... Il songea un instant. Boire un verre en la compagnie de leur ami Trône serait très agréable, ils pourraient papoter de tout de rien du bon vieux temps et des souvenirs joyeux, mais cela les empêcherait d'aller délivrer Rosiel. Dans un éclair de lucidité, le démon se dit que c'était certainement le but de la manoeuvre. Conservant son allure souriante et enjouée, un peu stupide peut-être, il lâcha joyeusement :

"Ce serait avec plaisir Chérichou, mais on a quelque chose à faire. On se donne rendez-vous plus tard ? Je sais que tu meurs d'envie d'avoir un rencard avec moi mais tu devras attendre mon chou, je suis un poil occupé et puis de toute manière je ne suis pas seul, hihi... On finit ce qu'on a à faire et on arrive, attends-nous patiemment hein Chérichou, on revient très très vite."

Il saisit les mains de Manuelo et Raphaël et les entraîna sans plus attendre après un clin d'oeil à Cassandre, sachant que l'atout de la surprise était désormais gâché. Ils devaient faire très vite.

"L'emplumé, je ne sais franchement pas ce qu'on va faire une fois Rosiel sorti. Je ne sais même pas si on va réussir à le tirer de là, mais j'espère, sinon ce sera pas folichon, hihi, je suis sûr qu'avec un peu de crème fouettée de chez Florian c'est un régal. Mais bon, jusque-là faut trouver le moyen de l'atteindre, et ça c'est pas gagné, parce que Cassandre va essayer de nous empêcher de passer. Bon, c'est un copain, il ne va pas nous faire de mal mais je crains qu'il ne donne l'alerte, auquel cas c'est le bordel, alerte rouge, alerte à Malibu (enfin ça je veux bien remarquez), bref la mouise. Jusque-là aucun souci. Après... on planque le sieur Rosiel et tu auras le droit d'en profiter avec nous si tu veux, hihi... Hein Manuelo, plus on est de fous plus on rit, autant partager le butin, enfin le monsieur, tu me comprends ? On va bien s'amuser je sens, et puis ça va être rigolo si on est face à Chérichou d'amour, c'est vraiment un ange... ah, mais que je suis bête, c'est un ange !"

Il étouffa un gloussement digne d'une basse-cour et calcula du regard la hauteur de la Tour. Hum...

"Dis, l'emplumé, est-ce que par le plus grand des hasards tu aurais le moyen de sortir des ailes ? Même question pour toi Manu, hihi... Tiens, c'est sexy des ailes, faudra que j'y pense."

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Image par Diane Ozdamar, modification par Samara
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Manuelo Di Napoli
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MessageSujet: Re: La Tour des Lamentations   Jeu 26 Juin - 18:22

Manuelo se laissa serrer par son ami Cassandre et, béat, se demanda s'il n'avait pas un peu trop bu. Il avait très chaud et sa béatitude intérieure était une véritable tornade heureuse d'avoir retrouvé ses amis les plus chers. Soudain, ses sourcils se fronçèrent dans une sévère expression et il leva le poing en l'air [comme Amel Bent] en signe de rébellion.

-Cassandre ? Ah bein je comprend mieux Métatron ! Il refusait que je reste avec Rosiel en haut de la tour, il ne fait maintenant pas de doute qu'il est jaloux ce vieux grigrou ! Il ne supporte pas qu'on s'amuse dans son monde étouffant de nuages insipides, moi je dis on récupère le beau gosse et on retourne sur Terre, en plus...

Les dernières paroles de Cassandre le coupa net. *Un verre ? Un verre ???*

-Ah ouiche par exemple ! Un verre, mais avec la bouteille avec, hein !

Le Vertu donna un petit coup amical à la petite fille et lui fit un petit clin d'oeil empli de malice.

-Tu vas voir comment on fait la fête entre nous ! Je te promet un spectacle que tu n'oublieras pas au moins de ton vivant ma p'tite !

La magnifique et digne silhouette de Manuelo se dirigeait déjà elle ne savait où à la recherche de boisson mais elle fut bien vite arrêtée, peut-être plus vite que son ombre [comme Lucky Luke] par la main d'Asphodelle qui s'était emparée de la sienne.

-Ah ? Bon, bein ce sera pour une autre fois alors ! On doit libérer un prince charmant entouré dans sa tour... [comme Princesse Raiponce] En plus il paraît que c'est le plus belle homme que l'atziluth elle-même ait porté ! On le fera se balader sur terre avec une banderole en travers de son corps. [comme Miss France]

Manuelo rit à la tirade d'Asphodelle et prit le bras de Cassandre, certain que ce dernier monterait avec eux. Ses yeux s'illuminèrent et il parla jovialement à son ami retrouvé.

-Ca me fait plaisir de penser au vol que nous allons faire tous les trois ! Celà fait longtemps que je n'ai plus déployé mes ailes, il ne faudrait pas qu'elles aient rouillé... Ouille ! Elles me font un mal de chien...

Le Vertu se tourna dans tous les sens et soudain, dans un bruit épouvantable de pet, deux grandes ailes au moins aussi grandes que lui se déployèrent. Elles étaient blanches, d'une douceur incroyables [comme Mir Laine] mais une odeur épouvantable succéda au magnifique spectacle qu'était l'apparition de ces deux membres aussi luisants que la tour elle-même.

-Woops, désolé ! Ca m'échappe souvent quand je force...
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Ange ? Boarf...
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Cassandre
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MessageSujet: Re: La Tour des Lamentations   Ven 27 Juin - 15:29

Plein d'espoir face à la réponse de Manuelo, Cassandre eut un immense sourire rejoignant ses deux oreilles et commença à faire mine d'ouvrir un passage vers la Terre et principalement vers le café Florian qui, outre des cafés délicieux, servait également de très bons alcools - chers, mais succulents, avec parfois des orchestres plus ou moins bons. L'ennuyeux est évidemment quand les pigeons décident de vous piquer votre table mais ça on n'y peut pas grand-chose. Certes, ce spectacle de beuverie n'était pas tout à fait adapté à la fillette qui accompagnait ses deux amis mais qu'à cela ne tienne, sa pureté serait bien préservée d'une manière ou d'une autre, autant que faire se pouvait. Et puis manifestement, cette gamine était une incarnation, il sentit soudain une puissance non négligeable émaner d'elle... Se pouvait-il qu'elle fût l'un des Maîtres Angéliques disparus depuis la seconde ouverture de la Bible Profane ? Dans ce cas, le problème était de taille. Il ne craignait aucunement Manuelo, trop ivre pour opposer une résistance vraiment efficace, ni Asphodelle dont les pouvoirs étaient très limités.
Mais d'ailleurs, Asphodelle... comment se faisait-il que ?... Seuls les Anges ou anciens Anges pouvaient mettre les pieds au Ciel sans subir de quelconques désagréments, tels des pertes de pouvoir ou une faiblesse qu'elle fût passagère ou non, Asphodelle semblait tout à fait en forme et resplendissait comme la belle plante qu'il avait toujours été. Curieux. Mais boarf, ce n'était pas son problème immédiat, il s'inquiétait beaucoup plus de la gamine qui paraissait un peu trop puissante pour être une incarnation d'un Ange normal. Et puis, cette hésitation à prononcer le nom de Rosiel... Raphaël ! Raphaël, qui avait toujours éprouvé des sentiments ambigus à l'égard de l'Ange Ecarlate, Raphaël allait planter un couteau dans le dos de Métatron pour venir en aide à son ancien maître, comme c'était dégoûtant, cette loyauté mal placée. Cassandre fronça les sourcils en écoutant Asphodelle qui prenait congé sur l'habituel ton rieur et enjoué, faisant mine de ne pas comprendre sa manoeuvre.
Lorsqu'il fut remis de sa surprise et sorti de ses réflexions, il s'était fait attirer par Manuelo jusqu'à un endroit plus éloigné. Il se dégagea juste à temps pour voir Manuelo déployer ses ailes dans un grand bruit obscène, et l'odeur qui allait avec. Il fronça le nez d'un air de dégoût et étendit à son tour ses immenses plumes noires ; il sentait la colère l'envahir. De toute évidence Asphodelle menait l'opération, pourtant la logique eût voulu que ce fût Raphaël, bien plus intelligent - remarquez ce n'est pas difficile - et plus informé que son compagnon démoniaque.

- J'ai le regret de devoir insister pour que nous allions boire un verre, les amis. Une bouteille, une caisse entière de bouteilles même, à mes frais - et pour ce qui est de la Tour vous verrez plus tard, hein ? De toute manière, je vois pas l'intérêt de la manoeuvre. Le type là-haut est un emmerdeur, destructeur et complètement psychopathe, en plus il joue très mal au poker. Des fois j'allais le voir pour jouer avec lui, il a jamais été capable d'aligner deux cartes avec cohérence, c'est plus qu'un mollusque, la Tour a drainé son énergie. Laissez tomber quoi, je suis tellement plus marrant à côtoyer que ça...

Durant son petit discours, il s'était placé entre eux et la Tour avec un regard suppliant.

- S'il vous plaît, les gars.
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Raphaël
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MessageSujet: Re: La Tour des Lamentations   Ven 27 Juin - 16:21

Raphaël regardait toujours la tour. Il ne prêtait pas attention a ses "compagnons", ni à Cassandre, qui ne lui inspirait, guère confiance. Il sentit alors sa main frissonner. Il avait peur, mais il devait tout faire pour que cela ne se sache pas.
Quant à l'âme de Yumiko, elle était étrangement calme, même confiante, ce qui l'étonna grandement. Il lui demanda donc

Cela ne t'inquiéte t il pas ? Cette aventure ne te fait pas peur, Yumi ?

Je suis avec toi, Raphaël. Je ne crains rien


L'Ange sourit. Puis, il se mit à rire, provoquant l'incompréhension la plus totale, autour de lui. Même Yumiko ne comprenait pas un si soudain changement de comportement. En effet, à présent, on aurait dit que Raphaël ne sentait plus la peur.
Il ferma les yeux et dit, intérieurement, s'adressant à Yumiko

Ma chère Yumi. Cela te plairait il de voler ?

Aucune réponse ne se fit entendre. L'Ange déploya alors ses ailes, en ressentant une douleur qui lui était familière, mais qu'il avait oublié. Puis, il s'envola dans les airs. Il ressentit l'excitation de Yumiko, ainsi que sa fascination.
Ils parcourent alors le ciel, puis, après quelques minutes de liesse, Raphaël dit

Il faudrait que nous redescendions Yumi. Ca t'a plu ?

C'était magnifique Raph


L'Ange descendit alors et regarda ses compagnons. Il regarda ensuite le fameux Cassandre. Retourner sur terre, mais pourquoi ? Pourtant, au fond de lui, il n'avait aucune envie de regarder cette Tour plus longtemps. Il pensait trop a son maître. Pourtant, il n'avait pas parcouru tout ce chemin pour abandonner la partie maintenant ?
Alors, il soupira et dit

Ta proposition est sûrement alléchante, Cassandre mais, pour le moment, je n'ai pas soif et je ne suis pas venu ici dans ce seul but donc tu m'excusera, mais je décline ta proposition
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Asphodelle
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MessageSujet: Re: La Tour des Lamentations   Ven 27 Juin - 19:04

Il regarda Manuelo déployer ses ailes dans un grand bruit de pet et eut le réflexe de se boucher le nez, geste un peu incongru pour un démon habitué aux odeurs de soufre de la Géhenne - oui, mais le soufre n'a pas ce genre d'odeur encore plus désagréable que l'oeuf pourri abandonné dans une décharge. Il avait craint un instant que Manu refuse de le suivre et décide envers et contre tout d'aller picoler avec Cassandre, auquel cas il aurait bien été obligé de suivre et tout aurait raté, heureusement le Vertu avait encore un minimum de bon sens malgré l'alcool. Il disait peut-être des sottises mais avait gardé à l'esprit leur objectif de libérer Rosiel de sa tour, le "prince charmant" comme il disait, bien que l'Ange Ecarlate ne fût en rien un prince de conte de fée. Il n'était pas gentil, ni stupide, ni doux, non, ce n'était pas un prince qu'ils libéraient c'était un monstre. Mais quel beau monstre ! Asphodelle s'en sentait tout frétillant par avance, en plus avec un peu de chance Narcissa serait très contente du résultat. Son confident ne lui laisserait probablement pas tout de suite le poisson, il l'exploiterait d'abord sous toutes les coutures, au sens propre du terme.
Malheureusement, cet idiot de Manuelo avait attiré Cassandre avec eux et paraissait prêt à le forcer à les suivre. Il n'avait donc pas compris que leur ami était devenu un adversaire ? Tandis que Raphaël jouait tranquillement à voler dans les cieux qu'il retrouvait après un long temps d'absence, Asphodelle se sentait un peu seul à avoir compris la situation : emmener Manuelo n'avait peut-être pas été une idée si géniale que ça, après tout, mais c'était tellement drôle. Aaah, le Ciel le rendait plus sérieux et plus intelligent, c'était triste, tellement triste qu'il aurait bien fondu en larmes devant une telle tragédie. Il constata d'ailleurs qu'aucun de ses compagnons n'avaient de doutes, seul Cassandre semblait remarquer combien il était curieux qu'un démon pur et dur fût si en forme dans le Ciel.
Le découragement passager de Raphaël l'inquiéta également : il ne supportait pas de regarder la Tour ni l'idée de revoir son maître, il était assailli par la terreur et cela se lisait sur ses traits, Asphodelle était persuadé que Rosiel le trouverait tellement mignon sous cette apparence et surtout serait tellement ravi d'être libre qu'il passerait outre les trahisons de jadis. C'était probablement d'une grande naïveté, Rosiel était un grand rancunier pas sympa, mais il savait également se servir de n'importe quel allié pour parvenir à ses fins quelles qu'elles fussent ; Aspho espérait ne pas se tromper en supputant que Raphaël saurait trouver grâce aux yeux du Séraphin. Il fut ravi de voir le Maître des Vertus refuser l'offre de Cassandre.

"Désolé Chérichou, vraiment, après on se fera une grande beuverie pour fêter ça. En attendant, fais le guet voir si Tétartron n'apparaît pas !"

Son ton parfaitement stupide agrémenté d'un sourire niais étaient très asphodelliens. C'était de la provocation bête et méchante, Cassandre n'allait pas supporter d'entendre son maître traité d'une telle manière... Tétartron ! Le roi des grenouilles angéliques, ha, superbe batracien - c'est comme ça que Manuelo l'appelait parfois. Asphodelle constata qu'il était le seul à n'avoir aucun moyen de voler de ses compagnons et adversaire. Il ne pouvait demander à l'un d'entre eux de le transporter, ce serait handicapant, il serait obligé... de déployer des ailes. Il se concentra et sentit une vive douleur déchirer son dos, cela faisait des siècles qu'il n'avait pas utilisé d'ailes. Elles étaient immenses, les plumes blanches immaculées semblaient étinceler sous le soleil diaphane qui régnait au Ciel. S'en apercevant, il modifia rapidement leur couleur en un émeraude qui allait fort bien avec sa tenue.

"C'est parti !"

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Manuelo Di Napoli
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MessageSujet: Re: La Tour des Lamentations   Ven 27 Juin - 20:24

Manuelo secoua la tête. Ils sentit brutalement sa lucidité revenir au galop et considéra longuement Cassandre qui s'était interposé entre eux et la tour. Il eut un profond soupir.

- Ecoute, Cass, tu sais que mes derniers siècles en Atziluth ont été très éprouvants, sans mon ancien frère, sans les doigts de pieds de Dieu que je peignais durant mes heures de libre et sans la bonne ambiance qui régnait ici avant la venue de Métatron ! Il est important pour moi d'effacer toutes les traces de cette guerre, entre autre ce champignon qui a poussé dans MON nuage préféré dans lequel je jouais quand je n'étais qu'une larve ailée... Tu crois que Dieu aurait accepté une prison en Azitluth ? Tu veux mon avis Cass ? Si il était là il te te fesserait et joliment ! Il est notre père immatériel mais crois-moi, sa main doit encore faire mal ! Il faut absolument que tu nous suives... Parce-que que ce qu'il se passe ici n'est plus volonté de Dieu.

Au fur et à mesure des paroles du Vertu, des larmes coulaient douloureusement le long de ses joues diaphanes. Plongé dans les souvenirs, il ne remarqua pas le vol de Yumiko ni les ailes émeraudes d'Asphodelles. D'un nuage poussa un trèfle à quatre feuilles. Manuelo le cueillit en faisant un grand sourire et le montra à ses compagnons, fier de lui.

-C'est un signe ! Et si Métatron arrive, hé bien je lui dirais que c'est une honte, parfaitement, une honte de faire d'un endroit de paix une prison de fortune ! Ah ! Il pourra bien le dire ce qu'il voudra le soit disant grand nouveau chef ! Je ne lui ait jamais prêté la moindre allégeance ! Et regarde, Cass, ce qu'il a fait de nous ! Toi, il t'as laissé pourir devant la tour, moi il m'as jeté sur terre, comme ça, sans la moindre once de gentillesse ! Bon, j'avoue, il fallait dire que si j'étais resté dans les Cieux j'aurais fini par trouer mes pantoufles à force de les râcler contre les nuages... Et ça, c'aurait été un véritable crime... Mais il n'avait du moins pas le droit de nous séparer ! Tu étais la seule famille qu'il me restait après la bataille et il a réussi à nous mettre en désunion. Je ne le laisserait pas faire, et je libérerais coûte que coûte Rosiel parce-qu'il est temps que tout soit remis en ordre ici !

Dans un élan d'adrénaline le Vertu prit la main d'Asphodelle et de Yumiko. Il se retourna consterné.

-Je pensais pourtant que nous aimais, Cass.

Le Vertu déploya ses immenses ailes et il regarda le sommet de la tour avec détermination. Promis, quand il aurait libéré le bel homme, il irait se boire du bon champagne pour une fois ! Et Rosiel avait interêt à payer sa tournée sinon il moisirait quelques siècles de plus jusqu'à-ce qu'une autre bande de givrés assoifés se décide à aller le chercher...
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Cassandre
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MessageSujet: Re: La Tour des Lamentations   Sam 28 Juin - 18:53

Triple refus. Raphaël était très calme mais aussi très déterminé, il était venu céans pour libérer Rosiel et rien ne l'en détournerait, dût-il subir la fureur de Métatron qui ne connaîtrait certainement aucune limite ; Manuelo n'aimait guère le Souverain Angélique, lui qui avait toujours voué une grande affection à Dieu ; Asphodelle enfin... quelle était la motivation d'Asphodelle, que désirait-il et pourquoi était-il le plus cramponné à ses positions, Cassandre l'ignorait. Devant ses trois adversaires ailés, il déploya à son tour ses ailes, ses grandes ailes effroyablement noires comme celles du démon - lui qui pourtant était toujours resté un ange. Il recula d'un pas, la tête haute et le port fier, et serra les poings : le discours de Manuelo lui transperça le coeur comme une épée acérée, il dut se contenir pour garder ses larmes ; il avait tant cru, tant espéré que ses amis pussent comprendre. Il voyait maintenant que tout cet espoir était vain, aucun n'avait l'intention d'abandonner ce combat vain et inutile, aucun n'avait l'intention de perdre. La détermination intense qui se lisait dans les yeux verts de la gamine lui rappela brièvement la force que pouvait déployer Raphaël dans certaines occasions, la puissance dont il avait fait preuve lors de la grande bataille ; il se remémora également la façon dont Manuelo s'était battu. Mais lui, lui aussi était doté d'une grande force, lui qui avait été l'un des grands généraux de Rosiel.
Il se tourna vers Asphodelle, sourcils froncés, la haine dans les yeux. Il cracha par terre et se décida enfin à parler.

- Ne te moque pas de moi, Aspho, tu sais très bien que jamais je n'abandonnerai mon allégeance à Métatron. Jamais ! Je hais de toute mon âme cette Samaël qui a tout brisé et surtout lui, Rosiel, lui qui m'a arraché mon frère. Manu, tu sais combien je pouvais aimer Yetsirah, combien je l'adorais, et cette guerre, cette guerre a tout détruit ! Il adorait Rosiel, et il a rejoint Samaël, je n'ai pas compris, je l'ai combattu, je l'ai peut-être tué à cause de ce combat, peut-être que c'est ma faute si Yetsirah est mort, mais dans ce cas-là c'est aussi la faute de ces deux jumeaux maudits qui n'auraient pas dû impliquer tant de personnes dans leur guerre ! Je ne les laisserai pas recommencer, je ne veux plus perdre de personnes qui me soient chères ! Certes, il vaut mieux pour Yetsirah qu'il soit mort, si Métatron le retrouvait maintenant qu'il a acquis une certaine célébrité en tant que général de Samaël il mourrait certainement. Mais que vous mourriez dans une autre guerre, ça, JAMAIS ! c'est pour cela que je ne vous laisserai pas passer.


Ses orbes d'obsidienne flamboyèrent de colère, il les planta dans celles de Raphaël et esquissa un sourire sardonique.

- Quant à vous, Monseigneur le Maître des Vertus, lança-t-il d'un ton suprêmement ironique, je vous pensais plus malin. Pensez-vous sérieusement que Métatron va vous laisser vous en tirer si facilement ? Il n'en a que faire des deux vermisseaux qui vous accompagnent, ni Manuelo ni Asphodelle n'ont de véritable importance. Vous, en revanche, êtes un Maître Angélique ! Avez-vous conscience de la situation ? Vous allez perdre votre place, vous retrouver exilé en Géhenne, et vous serez totalement déchu. Tout ça pour quoi ? Pour un maître dont vous n'êtes même pas sûr de le voir vous pardonner vos erreurs passées ? Pour un ange complètement fou et psychopathe qui ne laissera probablement pas votre trahison invengée ?

Il esquissa un sourire méprisant et prit son envol, les dominant de quelques mètres. Il était déchiré entre deux volontés : préserver ses amis et rester loyal à Métatron... Il ne leur voulait aucun mal, il aimait trop Métatron et Asphodelle pour les mettre en danger. Cependant s'il les laissait aller libérer Rosiel, Métatron le haïrait et Cassandre ne voulait pas perdre sa confiance si précieuse. Alors... il n'y avait plus qu'une seule chose à faire. Une chose qui apaiserait temporairement sa conscience, d'une certaine manière, même s'il serait forcé de se mentir à lui-même de manière totalement atroce. Il ferma les yeux et déglutit péniblement avant de lever les bras, préparant son appel envers son maître. Juste avant de commencer, il souffla à ses amis :

- Je suis désolé...

Ses lèvres murmurèrent alors l'invocation, l'appel partirait vers Métatron immédiatement et le Séraphin ne tarderait pas à venir. Lorsqu'il eût fini, Cassandre fit face aux trois intrus et éveilla ses pouvoirs, prêt à combattre.

- Mon maître arrive. En attendant, il vous faudra m'affronter si vous voulez passer.
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Raphaël
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MessageSujet: Re: La Tour des Lamentations   Dim 29 Juin - 19:28

Raphaël se retourna. Cassandre était déterminé a ne pas les laisser passer. Que fallait il donc faire ? Fallait il se résoudre a engager un combat ? Pourtant, Raphaël ne voulait que personne ne soit blessé et surtout pas Yumiko.
Soudain, alors qu'il faisait face à Cassandre, il ressentit un effroyable choc intérieur. Il se mit donc à genoux, devant Cassandre, tandis que Yumiko lui demandait, d'un ton effrayé

Raphaël que ce passe t il ? Qu'as tu ?

Je ne sais pas. C'est comme si je partais de ton corps, Yumi. Je.....


Mais il ne pu finir sa phrase. Un éclair le déchira encore et il resta quelques minutes inconscient. Lorsqu'il se réveilla. Raphaël avait retrouvé son propre corps. Son premier geste fut de savoir si Yumiko allait bien. Il se tourna donc et appela

Yumi ? Ou es tu ? Tu vas bien ?

Pas de réponse. Pourtant, Yumiko était bien dans son corps, mais elle était inconsciente. Raphaël s'angoissa. Allait elle se réveiller ? Pourquoi son âme avait elle défusionner de son corps. Quelques instant plus tard pourtant, l'angoisse de l'Ange retomba.
En effet, Yumiko venait de se réveiller. Elle se releva alors, regarda l'Ange et dit

Raphaël. C... C'est vraiment toi ?

Puis, elle retomba à terre. Raphaël regarda Cassandre et, soudain, il sentis une énergie incroyable surgir en lui, comme s'il préssentait le danger que Yumiko encourrait. Il se planta alors, devant Cassandre et lui dit, droit dans les yeux

Cassandre si tu veux la guerre, je suis prêt à me battre. Mais laisse cette jeune fille en dehors de tout ça. Si je suis ici, c'est uniquement pour libérer..... "l'autre abruti d'emplumé"

Tout en disant cela, il regarda Manuelo et Asphodelle. Pour une fois, il se sentais léger. Il ria même, devant le regard étonné de ses compagnons. Puis, il leur demanda

Manuelo, Asphodelle. Je ne vous fait pas encore totalement confiance, mais pourriez vous veiller sur Yumi, pendant que je régle une "affaire" ?

Avant de se résoudre à combattre, Raphaël revint un moment, devant le corps inconscient de Yumiko. La jeune fille paraissait dormir paisiblement. Il sourit et fit face à Cassandre en lui disant

En garde alors Cassandre. Je suis ton adversaire

Un vent violent se mit alors à souffler. Le combat allait être imminent
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Asphodelle
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MessageSujet: Re: La Tour des Lamentations   Lun 30 Juin - 1:01

Asphodelle suivit l'échange, les sourcils froncés, prêt à commencer la bataille. Oui... Manuelo était enfin déterminé, il se souvenait de ce temps où il aimait Dieu plus que tout, lui qui était le meilleur poseur de vernis de tout Atziluth (ce qui était toujours vrai, d'ailleurs le démon pensa à aller lui demander une petite manucure en retournant sur Terre). Quant à Raphaël, il avait rejoint son véritable corps (plutôt canon au demeurant, Asphodelle ne put s'empêcher de se lécher les babines en le regardant de bas en haut) et abandonné Yumi qui gisait inconsciente à l'endroit où elle se tenait auparavant. Il le fixa, le regarda s'avancer après lui avoir demandé de s'occuper de son ancienne enveloppe... le fou ! Il provoquait Cassandre en duel !! Cassandre était d'un rang supérieur au sien dans la hiérarchie, maître ou pas : Raphaël appartenait à la Deuxième Sphère, Cassandre à la Première, un Trône pouvait défaire le maître des Vertus assez aisément... surtout un Trône aussi puissant que Cass, Cass qui semblait pouvoir prédire chaque geste à l'avance à certains moments ! Ce n'était pas du combat, c'était du suicide, d'autant plus que Métatron et ses armées n'allaient pas tarder à venir en renfort. Il n'aurait jamais cru son ami capable d'une telle fourberie, Cassandre se doutait pourtant bien que le Têtard ne se pointerait pas sans alliés et qu'ils ne feraient jamais le poids. Batracien certes, mais Super Batracien avec sa cape verte et son SC tatoué sur le torse... (oui, Super Crapaud).
En fait il ne pouvait pas laisser Raphaël seul face aux armées angéliques. D'un certain côté il était profitable qu'il rejoigne son corps à lui, moins vulnérable que celui de Yumi, d'un autre côté cela devenait problématique : la gamine ne pouvait pas fuir et l'un d'entre eux devait impérativement veiller sur elle. Ces abrutis d'emplumés étaient trop cérébralement diminués pour comprendre qu'elle n'avait rien à faire avec ce conflit et que la blesser était l'inutilité même. Bon, ils n'étaient pas diminués que cérébralement, mais une fois de plus ne choquons pas les âmes sensibles vénitiennes, si elles existent encore.
Il intima à Manu de rester auprès de la gamine et s'avança au niveau de Raphaël. Déployant ses grandes plumes artificiellement émeraude, il s'éleva jusqu'à Cassandre et planta son regard dans les "orbes d'obsidienne" (c'est jouli comme expression) de son ami.

"Cassandre, je sais combien tu adules Tétartron le détartreur de grenouilles. Mais toi, tu ne sais rien. Je t'aime, tu sais."

Et un coup de vache, un.

"Mais j'aiderai Raphaël. Moi, je sais de quoi tu es capable. Et je sais que tu ne pourras pas me faire de mal ^.^"

Deuxième coup de vache.

"Pour ce qui est de Yetsirah... justement, s'il aimait Rosiel, tu ne crois pas qu'il serait prêt à le délivrer et qu'il ne serait pas content du tout de te voir lui bloquer le chemin ?"

Touché. Coulé. Oui, on sait, "ou pas". Il tendit la main gauche devant lui, ses doigts devinrent vert pâle, couleur de poison ; s'il touchait quelqu'un ce quelqu'un crèverait dans les plus atroces souffrances à petits feux, c'est trop marrant, bref. Dans son autre main apparut une longue épée très fine brillant de la même lueur verte que sa main, comme quoi "métamorphose" et "poison" ne sont pas des pouvoirs de tapette (certes, Asphodelle en est une, mais il le vit très bien et son joueur assume également son état, mais on s'en fout, ce n'est absolument pas le sujet et j'arrête de casser l'ambiance avec mes parenthèses à la con). (Oupah.)
On diverge, là. Verge, là. Oh, pardon.

"Moi, à la place de Yetsirah, s'il aimait autant Rosiel que tu le dis, j'aurais fui le Ciel et sa dictature de "on ne doit pas éprouver de sentiments", je me serais rebellé contre ça tout en essayant de me plier aux exigences du Créateur pour éviter mes sentiments. J'aurais choisi de disparaître en tant que grand général de Samaël, de devenir quelqu'un de totalement insignifiant, et un jour, de libérer Rosiel. Que feras-tu le jour où il arrivera devant toi, Cassandre ? Tu le tueras ? Tu l'affronteras ? Et es-tu prêt à nous affronter, nous ?"

Il fit tourner son épée entre ses mains, se mit en garde et utilisa ses pouvoirs pour ramener ses cheveux en arrière, dégageant ainsi son visage de toute gêne, faisant également disparaître les quelques breloques qu'il adorait arborer. Il n'avait pas besoin d'armure, aucune armure ne pouvait stopper les pouvoirs de Tétartron et des autres, cela ne ferait qu'amortir quelques chocs, sans plus. Personne n'en avait porté durant la grande guerre, il serait parfaitement inutile d'en utiliser une ce jour-là.

"M'enfin, tout ça n'est que supposition, je ne suis pas Yetsirah bien sûr."

Les jeux sont faits mes amis.

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Manuelo Di Napoli
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MessageSujet: Re: La Tour des Lamentations   Lun 30 Juin - 14:52

Manuelo haussa les épaules aux paroles de Cassandre. Si une seconde guerre devait arriver tout le monde n'avait qu'à être plus intelligent et ne pas s'en mêler, hé bien oui à la fin ! ce serait là le prétexte pour construire une seconde tour, puis une autre, et encore jusqu'à ce que l'Atziluth ressemble à une cité craignos du XXIème siècle. Heureusement, cette époque ne viendrait que dans plusieurs siècles et d'ici la l'Humanité aurait sans doute trouvé une solution pour éviter ces endroits mal réputés... Ou pas ?! Ciel ! Voilà que maintenant Cassandre crachait par terre à la manière des "racailles" du futur... C'en était vraiment désolant...
L'appel de Métatron fit faire volte face au Vertu qui ne tarda pas à se courber en deux, pris d'un rire convulsif aigu. Il pointa son doigt diaphane sur le beau ténébreux et se tapa les cuisses à la manière d'un phacochère névrosé (ça existe ça ?)

-Je te pensais bien plus courageux que celà, mon ami ! Décidément tu ne cessera de descendre en flèche dans mon estime ! Tu n'as pas grandi, c'est décevant... Tu es encore ce petit foetus angélique qui appelle le gros papa grenouille à la rescousse parce-qu'il n'a pas encore l'âge de se débrouiller seul ! Ah ! Bien en voilà du joli dis-moi ! Il a vraiment réussi à faire de toi son pantin, sa poupée de chiffon et il n'aurait pas pu faire de meilleur choix ! Il te manie avec une habilité parfaite !

Manuelo ne craignait pas Métatron, ni l'exil, et encore moins la mort. Quel être ayant vécu plusieurs siècles ne peut en avoir marre de vivre chaque jour la même chose ? La mort n'était qu'un repos bien mérité... Il ne s'inquiétait que pour l'enfant et eut soudain un énorme remord de ne pas avoir refusé sa présence à cette quête périlleuse. Il se tourna lentement vers la fillette et lui lança un douloureux regard quand une scène inatendue se produisit sous ses yeux clairs.
Un grand homme sortit de Yumiko. Il était sérieux, incroyable, et tout son être inspira un grand respect au Vertu. Soudain il reste sans voix, comme hypnotisé par cette vision impromptue.

-Raphaël...

Le nom du Maître avait été comme soufflé de ces souffles rares qui venaient du coeur. Soudain, tout s'illumina dans l'esprit de Manuelo. Il ne se sentait plus seul, plus abandonné à lui-même. Le chef des Vertus n'avait donc pas succombé à la Grand Guerre, il était là, plus déterminé que jamais... Et il voulait lui aussi contrer Métatron. Une vague d'adrénaline et d'espoir envahit le fripier qui surprit son regard glisser sur la petite fille inanimée. Le Maître semblait pour elle éprouver une tendresse particulière et il avait demandé qu'on veille sur elle.
Le Vertu se pencha sur Yumiko et avec une tendresse paternelle qu'il ne se connaissait alors pas jusqu'alors il porta l'enfant et la serra contre son coeur. Raphaël avait lancé le combat contre Cassandre. La bataille serait alors sans doute dure mais en aucun cas impossible.

-Je ne te laisserais pas emporter mon seul Maître restant pour ta fierté imbécile, Cassandre !

Ces dernières paroles, criées avec une haine sans égal trahissaient une émotion croissante qui montait en saccades infernales dans le coeur de l'ange. Il se pencha et sortit d'un nuage une grande épée scintillante à la lame acérée. (Ayant passé son enfance dans ce nuage, il en connaissait évidemment tous les secrets, mieux que Métatron à en croire cette scène !)... Il pointa la lame en direction de Cassandre et attendit, déterminé, l'arrivée de Métatron.

-Comment peus-tu travailler pour un homme qui n'en a que faire de tes propres amis, Cassandre ? Tu veux que je te dise ? Tu n'es qu'un lâche sans dignité, en enfant gâté sans la moindre classe ! Je préfère finir en Géhenne que de rester ici, parce-que depuis le départ de Dieu je suis persuadé qu'en bas ils sont bien plus vertueux et justes que vous ! Ici, ce n'est plus le Paradis, non... C'est un enfer blanc !

L'enfant serré sur son épaule gauche, tenu par sa poigne ferme, l'épée en position d'attaque maintenue dans sa main droite, il prit une grande inspiration.
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